La criminalisation du savoir féminin
L’histoire des sorcières au Moyen-âge est souvent entourée de mythes. Contrairement aux idées reçues, la grande période de bûchers n’est pas le moyen-Âge, mais la Renaissance (XVIe et XVIIe siècles).
Des guérisseuses avant tout :
Au Moyen-Âge, la “sorcière” est souvent la guérisseuse du village. En l’absence de médecins (réservés aux élites urbaine), ces femmes détiennent le savoir empirique :
Phytothérapie : Elles connaissent les plantes pour soulager la douleur, aider à l’accouchement ou soigner les infections.
L’obstétrique : Elles dont office de sages-femmes, transmettent oralement des secrets sur la santé reproductive
Le basculement vers l’hérésie :
Pendant une grande partie du Moyen-Âge, l’Église considère la sorcellerie comme une simple superstition sans réalité physique. Le tournant s’opère vers la fin de la période (XIVe - XVe siècle) :
Le monopole masculin : Avec la création des universités, la médecine devient une profession institutionnalisée interdite aux femmes. La guérisseuse, qui exerce sans diplôme, devient une rivale illégitime.
La diabolisation : Les savoirs féminins sur le corps et la procréation commencent à être perçus comme suspects. On transforme la “sage-femme” en “sorcière” ayant fait un pacte avec le diable.
La transition vers la Grande Chasse :
C’est à la toute fin du Moyen-Âge, en 1486, qu’est publié le Malleus Maleficarum (Le Marteau des sorcières). Ce manuel de l’inquisition définit la sorcellerie comme un crime spécifiquement féminin, ouvrant la voie aux persécutions massives de l’époque moderne.